En constante remise en question, Sébastien Tellier nous revient sous les traits (NDR : la pochette !) d’un gourou repeint en bleu. A moins que ce ne soit sous la forme d’un prophète de la mystérieuse ‘Alliance Bleue’. Totalement barré ou résolument décalé, le Français avait fort à faire pour offrir un digne successeur au magnifique « Sexuality », sorti en 2007. « My God is Blue » n’atteint pas les mêmes sommets que l’ode à Marc Dorcel mais devrait néanmoins ravir les fans du plus sérieux des candidats successeurs à Gainsbourg (NDR : on ne parle pas du génie de l’homme à la tête de chou, bien sûr). Les synthés vintage nous invitent à osciller entre grandiose et ridicule ; en outre, Tellier n’hésite pas à recourir à des chœurs ‘célestes’ ou même des cloches. Très inégal, « My God is Blue » assume sa grandiloquence avec humour et classe lorsqu’il ne se plante pas. Ainsi, si on s’extasie à l’écoute du disco magnifique « Cochon Ville » ou du délicatement pop « Mayday », il faut se farcir le plus que dispensable « Russian Attractions ».
Si Tellier n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. Et il a au moins le mérite d’exister. Je reprendrai bien une dose de Pepito Bleu, et tant pis si je risque une overdose de kitsch progressive !
Sébastien Tellier se produira au festival de Dour, ce 13 juillet. Le barbu assure en live ! Rendez-vous, dès lors, à la messe païenne célébrée par cet attachant génie-arnaqueur !

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