Vic Chesnutt en est déjà à son sixième album. Un exercice qu’il a réalisé en compagnie de toute une flopée de collaborateurs, et notamment ceux de Lambchop. Avec pour résultat des compositions qui naviguent en eaux country/folk paresseuses, parfois éthérées, légèrement teintées de rock, mais surtout empreintes de mélancolie. Etonnant, lorsqu’on sait que depuis trois albums, sa musique s’était considérablement électrifiée. Bref, retour à la case départ avec ce " The salesman & Bernadette ", où Vic raconte ses histoires douloureuses, souvent chavirées par l’alcool, qui évoluent dans un périmètre d’angoisses, de colère et de dégoût ; des chansons, qu’il interprète d’une voix gémissante, maladive, brisée par l’émotion. Trois titres, cependant, montrent un visage moins pessimiste. Tout d’abord, l’allègrement cuivré " Until the led ", " Mysterious tunnel ", corrodé de claviers dylanesques circa Band, et enfin le final " Old hotel ", sorte de rencontre improbable entre Johnny Cash et Labradford. Pourtant, le meilleur titre à nos yeux reste " Woodrow Wilson ", beau et déchirant à la fois, comme s’il avait réalisé la fusion parfaite entre les Aints d’Ed Kuepper et le Red House Painters…

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