"Electro-shock blues " constitue le quatrième album de Mark Olivier Everett, et non son deuxième. Il est vrai que l’Europe ne l’avait découvert qu’en 1996, lors de la sortie du remarquable " Beautiful freak ", ponctué par le succès de son single " Novocaine for the soul ". Depuis deux ans, Everett n’a vraiment pas eu le temps de rigoler. Sa mère s’est éteinte à la suite d’un cancer, après avoir vécu une phase terminale assez pénible. Sa sœur s’est suicidée. Et plusieurs de ses amis sont décédés prématurément. Pour s’en sortir, E s’est mis à écrire les chansons de ce deuxième album. Une forme d’exorcisme qu’il a répercuté sur les seize compositions de ce morceau de plastique. En racontant simplement le cours des événements tragiques qu’il a dû éprouver. Et pourtant, cet album est loin d’être déprimant. En fait, E cherche à transformer sa situation négative en conjonction positive. A l’instar du single " Last stop : this town ", et surtout de " P.S. you rock my world ", où il estime qu’il est peut-être temps de vivre… Pas de hit de la trempe de " Novocaine for the soul " sur cet elpee, mais de superbes chansons empreintes d’une inévitable mélancolie, un blues cependant le plus souvent apaisant, enveloppé d’électro-groove lisses, tapissé de tintements de boîte à musique, voire même cuivré de subtiles touches de jazz, sous Morphine, comme sur le titre maître. Ce qui n’empêche pas Everett de se montrer également plus incisif, surtout lorsqu’il laisse épancher son courroux. Alors, c’est à Tom Waits que l’on pense ou alors à Grant Lee Philipps du Grant Lee Buffalo, lorsque l’électricité se fait enfin plus présente. Superbe !

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