Evidemment, toutes celles et tout ceux qui s'imaginent que Blur vient d'enregistrer un nouvel album de britpop risquent une grosse désillusion. Pas que cet opus éponyme soit de mauvaise facture. Que du contraire! Mais il marque un changement radical de style dans le chef du groupe insulaire. Pas de section de cuivres, ni d'arrangements sophistiqués; et ce nonobstant le concours de Stephen Street à la production. Pas de caractéristiques excentriques typiquement britanniques ni de commentaires acerbes sur la vie sociale dans l'Albion. Mais des chansons dépressives, ténébreuses qui devraient plaire au public américain. Paradoxal, lorsqu'on sait que la dernière tournée du quatuor aux States, s'est soldée par un flop magistral. Mais pas une véritable surprise pour ceux qui connaissent le cheminement de ce groupe, dont les cinq albums sont aussi hétéroclites les uns que les autres. Evidemment, de là à penser que la bande à Damon Albarn allait piocher dans le jardin de l'Oncle Sam... Blur n'a d'ailleurs jamais été, ici, aussi proche de Pavement; notamment lorsqu'il s'aventure dans l'underground déjanté. Bien sûr, certaines compositions s'essaient au trip hop ou à la house. On a même droit à une composition du guitariste, qui assure pour la circonstance le chant (" You're great "). Et en réservant une place au hardcore, sur " Chinese Bomb ", Blur rappelle que ses chansons n'ont jamais manqué de relief ou de rythme. Pourtant, cet elpee traduit un sentiment profond de désillusion, de désenchantement, éprouvé par son leader, Damon. Blur serait-il le premier groupe à avoir pris conscience de la mort très prochaine du 20ème siècle...

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