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Flaming pie

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Après avoir participé à la confection des trois " Anthology " consacrées aux Beatles, McCartney a subitement éprouvé le désir d'enregistrer un nouvel album. En solo, bien sûr. Encore, qu'il se soit entouré, comme à son habitude, d'une pléiade de collaborateurs. Jeff Lynne, tout d'abord. Faut dire que le travail réalisé par l'ex Move, ex ELO, sur la trilogie testamentaire des quatre de Liverpool, avait impressionné Paul. Quoi de plus naturel, donc, de retrouver Jeff à la coproduction de ce " Flaming pie ". Mais en outre, il apporte son expérience à la guitare sur plusieurs titres, tout en participant aux backing vocaux. Dans ces conditions, comment voulez-vous que cet opus ne soit pas hyper-léché, fignolé, mis en forme avec une précision d'orfèvre? Pourtant, seul le morceau maître laisse transparaître la griffe d'Electric Light Orchestra. Sans grande utilité, d'ailleurs, puisqu'il s'agit d'une des compositions les plus faibles de l'elpee. Avec " Heaven on a Sunday ", tellement fade, qu'elle aurait pu servir de plate forme a un nouveau et hypothétique duo entre McCartney et Michaël Jackson. Dommage que ce soit cette chanson qui ait été choisie pour introduire le fiston. D'autant plus que par la suite, il n'a plus jamais droit au chapitre. " Young boy " est tout aussi dispensable, et ce nonobstant la présence de Steve Miller à la guitare. En fait, on a l'impression d'avoir déjà entendu cet air quelque part. Chez les Wings, probablement. Il est vrai que la plupart des chansons des Wings se ressemblent beaucoup... Un Steve qui se rattrape quand même sur deux autres fragments. Tout en tentant de nous refaire le coup de " Rock'n me ". C'est évident sur " Used to be bad ", alors que pour " If you wanna ", il aurait bien piqué quelques riffs au célèbre " Gloria " du Them... Ringo Starr est également de la partie. Aux drums, bien sûr, pas pour jouer du cinéma. Encore que sur le très vivifiant " Really love you ", on n’est pas tellement loin d'un pastiche des Rolling Stones, et que sur " Beautiful night ", slow aussi majestueux que " The long and widing road ", à la limite " philspectorien ", avec orchestrations, chœurs et tout le Saint Tremblement, le final tourne à la franche rigolade... Il faut d'ailleurs croire que Paul a le blues des seventies, puisque " The world tonight " embrasse une pop/rock FM, étreinte tant de fois par un certain Robert Palmer. Beaucoup mieux, " Souvenir ", ballade bringuebalante, traversée d'éclats de guitares cinglants, incisifs, dans l'esprit de " Oh darling " ou de " Here comes the sun ". Mais le meilleur nous vient lorsque Paul fait le vide autour de lui. Sur " The song we were singing ", petite chanson pop, sans grande prétention, mais bigrement bien ficelée, au cours de laquelle il raconte ses souvenirs (NDR: encore!) d'enfance. " Calico skies ", qui aurait pu trouver place sur le double blanc aux côtés de " Blackbird " ou de " Piggies ". " Little willow ", une berceuse poétique empreinte de tristesse mais aussi d'espoir... Enfin, " Someday ". Une perle. Probablement ce que Paul McCartney a écrit de mieux depuis bien longtemps. Il s'est quand même entouré d'une section de cordes, comme à la belle époque d' " Eleanor Rigby ". Chante. Joue de la guitare sèche, traditionnelle, mais également espagnole, en " picking ". Et nous gratifie d'une mélodie comme seuls les Beatles étaient capables d'enfanter. Avec une charge émotionnelle qui vous transperce littéralement l'âme. Imaginez Lennon en contre-voix, et c'était Byzance. Enfin, sans lui c'est déjà impressionnant. Mais rien à faire, c'est à John que nous pensons en écoutant cette chanson. D'ailleurs, si elle sort en single, elle risque de faire un malheur dans les charts...

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Paul McCartney
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Parlophone / EMI
  • Date: 1997-12-31
  • Rating: 0
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