Bien que fondé en 1984, Yo La Tengo n'est jamais parvenu à s'extraire de la zone crépusculaire de l'underground. Faut d'ailleurs croire que le trio du New Jersey, d'Hoboken très précisément, n'a jamais tellement exprimé le désir de s'en extirper. Préférant développer de nouvelles idées musicales plutôt que de soigner une image, dont il n'a rien à cirer. Bref, venons-en à ce nouvel album. Riche. Très riche. Alternant fragments turbulents et morceaux apparemment plus fragiles, mais beaucoup plus venimeux, à la limite rampants. Des chansons traversées par un gémissement de feedback presque continu qui apporte une sensation étrangement vertigineuse aux mélodies. Plongé dans l'espace le plus éthéré, YLT navigue aux confins de l'univers de Galaxie 500; voire de celui de Spiritualized, lorsque l'atmosphère vire au psychédélisme (" We are an american band "). Sous son angle le plus hypnotique, le plus répétitif, il justifie son attachement aux Feelies et au Velvet, dont il a récupéré une bonne partie de l'héritage. Quant à la noisy, il la traite selon la méthode bruitiste chère à Jesus & Mary Chain. Notamment sur la cover des Beach Boys, " Little Honda "... Et sur cette texture sonore déchirée entre électricité versatile, accès de basse menaçants, métronomiques et drums nourris et raffinés, vient se poser la voix blanche de Kaplan, dont la fragilité émotionnelle n'est pas sans rappeler un certain Neil Young. Une œuvre, qui recèle bien d'autres appas; mais nous vous laissons le soin de les découvrir...

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