Pourquoi les deux premiers opus de cette formation britannique, fondée en 1993, n'ont pas récolté le succès escompté et amplement mérité ; et en particulier sur le Vieux Continent ? Insuffisance de la couverture médiatique ? Manque d'esprit d'ouverture des médias en général ? Probablement ! Pas en Angleterre, en tout cas, puisque la presse est dithyrambique à leur égard. Mais, comment voulez-vous qu'un consommateur s'intéresse à ce produit, si les médias n'en parlent pas ? En fait, il s'agit d'un phénomène dont souffre notre société contemporaine. Et qui ne se traduit pas seulement dans le domaine de l'art, de la culture et bien sûr de la musique. Un système dont l'hermétisme est entretenu par des dirigeants, qui paradoxalement le critiquaient violemment, voici maintenant près de trente ans... Résultat des courses, tout le monde parle de la même chose, raconte les même choses et plus personne (NDR : ou presque !) n'ose prendre la moindre initiative. Transposez cette réflexion à tous les échelons de la vie quotidienne, et vous verrez que nous ne sommes pas loin de la vérité...
Mais venons-en à cet " Urban hymns ", troisième elpee de Verve. Que nous considérons, à ce jour, comme le meilleur album de l'année. Pas la peine de revenir sur la symphonie moderne de " Bitter sweet symphony ", sinon qu'elle recèle des samples de " The last time " des Rolling Stones. Si vous ne l'avez jamais entendu, c'est que vous n'écoutez jamais la radio. Ni de l'ex-n° 1 en Angleterre, le ‘lennonesque’ " The drugs don't work ". Mais abordons plutôt le reste, qui vaut son pesant d'or... Certaines compositions nécessitent pourtant parfois plusieurs auditions, avant de pouvoir être véritablement appréciées. Notamment les plus luxuriantes, celles qui passent à la moulinette une grosse partie de l'histoire de la pop et du rock. Avec des arrangements de cordes et des envolées stratosphériques qui se partagent un espace sonore déchiré par le falsetto profond, torturé de Richard Ashcroft. Psychédélisme ‘hawkwindien’, mais épuré de ses lourdeurs métalliques chez " The Rolling people " et " Come on " (" A storm in heaven " ?). Psychédélisme éthéré, mais cauchemardesque pour " Catching the butterfly ". Hymne à la solitude sur " Space and time ". House gracile avec " This time " (Seahorses ?), ainsi que pop fragilisée par la douleur sur " One day " et " Velvet morning ". La rencontre entre Oasis et Tears for Fears vous paraissait improbable ? " Wheeping willow " la réalise à la perfection. Enfin, il y a ce " Lucky man ", dont le sens mélodique semble hérité en ligne droite de Cast, alors que Richard emprunte le phrasé vocal de Robbie Grey, chanteur du défunt et mythique Modern English. Nous ne vous en dirons pas davantage, question de ne pas trop vous gâcher la sensation de surprise...

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