Tout comme JJ Cale, Vic Chesnutt aime les atmosphères minimalistes et paresseuses. Un univers fait d'angoisses, de colères et de dégoûts qui n'appartient qu'à lui-même. Il déclare d'ailleurs au verso du booklet de son nouvel opus: " Une part de cet album est un peu obsédée par les prémisses de la mort, dont la vie se nourrit... " Confessions d'un homme brisé et déprimé, décidé à tourner la page de sa pénible existence. Surtout depuis qu'il est devenu paraplégique. A l'issue d'un accident de voiture, alors qu'il était sous l'influence de l'alcool... Si ses lyrics évoluent constamment autour des mêmes obsessions, des mêmes cauchemars, des mêmes tourments, sa musique tissée dans un enchevêtrement de cordes acoustiques, parfois électrifiées avec virulence et intensité, manifeste une plus grande précision et une plus grande clarté dans l'interprétation. La présence de Bob Mould (Hüsker Dü, Sugar), au mixing y est sans doute pour quelque chose. Mais aussi la maturité acquise par cet artiste qui en est aujourd'hui à son quatrième elpee. Il s'autorise d'ailleurs une incursion dans le pseudo-jazz ‘neworleanesque’ et une autre dans le garage ‘sparklehorsien’, où il y déforme sa voix. Une voix dont le timbre frêle, nasillard, râpeux épanche ses mots grinçants, empreints de sinistrose, d'humour et de douleur...

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