En enregistrant voici quelques mois "Where the wild roses grow", en compagnie de Kylie Minogue, Nick avait annoncé la couleur. Son prochain album serait une collection de chansons consacrée au thème du crime. Une fouille profonde, morbide, dans les recoins les plus sombres de l'esprit du tueur que Cave, intelligemment, teinte d'humour et de philosophie. Dix fables malveillantes, allégoriques où apparaissent indistinctement les obsessions de l'artiste persécuté par les forces du mal. Un œuvre pour laquelle il a pu compter sur les Bad Seeds, emmenés de main de maître par Mick Harvey. Et puis également sur Blixa Bargeld, guitariste d'Einstürzende Neubauten, l'ex-drummer de Die Haut, Thomas Wylder, l'ancien bassiste du défunt Triffids, Marty P Casey, ainsi quelques autres. Parmi lesquels on retrouve des invités de marque retenus pour chanter en duo avec Cave. Kylie Minogue, bien sûr, pour le hit single. Anita Lane. Polly Harvey, pour le conte traditionnel "Henry Lee" (NDR: comme quoi nous avions tout bon lorsqu'en 1995, nous avancions que l'indispensable "To bring you my love" de PJ Harvey devait être abordé comme un disque de Cave). L'ex chanteur des Pogues, Shane Mc Gowan, pour une cover de Bob Dylan, "Death is not the end", une composition méconnue du Zim, qui figurait sur l'elpee "Down in the groove", parue en 1988. Sans oublier les choristes féminines, omniprésentes, comme chez Léonard Cohen. Un superbe album qui épingle, en outre, une composition de Birthday Party, "Crow Jane" tout récemment mise en musique, et puis une petite perle de plus de quatorze minutes, trempée à la fois dans le drame, l'outrage et la dérision: "O'Malley's bar"...

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