Si le trio de Dunedin ne s'était pas séparé entre 81 et 89, il fêterait son vingtième anniversaire en 98. Faut dire que Clean demeure une référence de choix sur l'échelle de la pop mélodique. Et pas seulement aux antipodes. Ni depuis que leur single " Tally ho " a permis au monde de découvrir qu'il existait une scène homogène et intéressante en Nouvelle-Zélande. Mais surtout parce que cet événement permettra aux Verlaines, JPS Experience, Chills et consorts de se forger une réputation sur la scène indépendante internationale. Mais de là à imaginer que toutes ces formations allaient inonder les charts de leur production, il y a une marge que la presse protectionniste s'est empressée de bien délimiter. Préférant dans doute que ces envahisseurs (!) demeurent confinés dans leur " Unknown country "... Bref, revenons au nouvel opus de Clean. Dont le style n'a jamais été aussi proche, aujourd'hui de celui de Wire. Il ne subsiste d'ailleurs que de très superficielles traces de leurs affinités qu'ils avouaient autrefois pour Neu, Can, Television et le Velvet Underground. Et même si le minimalisme est toujours de rigueur, c'est le frisson pop qui est recherché. Ce qui nous autorise probablement, à cause de ces petites touches de psychédélisme, issues d'effets spéciaux voire spatiaux, de ce tempo hypnotique et de la place de plus en plus conséquente, occupée par les accords d'un piano devenus aussi sonores que chez Wim Merttens, de penser à Wire. Cependant, sans être révolutionnaire, cet album reste agréable, bourré de charme et de mélancolie, recelant en outre quelques perles de pop pure, telles que l'instrumental " Chumpy ", où violon et synthés font bon ménage, le hit potentiel " Changing your head ", qui ne sortira probablement jamais en single, et quelques autres que nous vous invitons à découvrir.

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