A l'instar des musiciens de Tindersticks, ceux de Jack se partagent une multitude d'instruments. Depuis la guitare à la batterie en passant par les drums, la basse, le piano, l'alto, le violoncelle, le violon, les cuivres et les claviers. En outre, les compositions sont également enrichies d'arrangements orchestraux sophistiqués, majestueux... Mais ici cessent les comparaisons. Déjà que Jack compte sept musiciens, alors que Tindersticks n'en dénombre que six; mais la véritable différence se situe au niveau du ton abordé par les deux ensembles. Glacial, ténébreux, nicotiné par le timbre vocal de Stuart Staples chez le sextette, il se révèle plus enlevé, plus remuant parfois, voire tempétueux chez la formation galloise. Une texture dont l'amplitude est dynamisée par la voix tantôt mystérieuse, susurrée, tantôt opératique, décadente d'Anthony Reynolds (Matt Johnson?) qui épanche ses lyrics dans un langage ésotérique, obsédé par la misogynie, l'alcoolisme et la déchéance humaine. Neuf fragments composent ce "Pioneer soundtracks", neuf mélodies exquises, tâchées de sensualité qui, dans un espace d'ombres et de lumières, vacillent ou s'estompent comme balayées par un tourbillon de mélancolie...

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