Si à l'origine, Jesus Lizard courtisait un punk post Buttholes/Big Black/Happy Flowers, aujourd'hui il opère, à l'instar de feu Jeffrey Lee Pierce (Gun Club) et de Nick Cave, dans le blues urbain, sordide, occulte. Les treize fragments de "Shot" macèrent ainsi au sein d'un climat malsain, pathétique, tourmenté, déchiqueté par des rythmes versatiles, venimeux. Découpés chirurgicalement par les cordes de guitares malveillantes, rampantes, rageuses, parfois même sous une forme "steel", comme sur l'excellent "Good riddance", ils suppurent de lyrics obscènes, répugnants, machistes, cyniques, proférés par le vocal gémissant, grinçant de Yaw, aussi grinçant et gémissant que celui du vocaliste des Pistols, John Lydon. L'album atteint même son intensité paroxystique sur "Too bad about the fire" et surtout lors du final "Pervertedly slow", composition qui aurait tout aussi bien pu appartenir au répertoire des Stranglers originels, si elle avait eu recours aux claviers.

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