Les Melvins viennent de commettre leur album le plus progressif à ce jour. Mais progressif dans le sens où l'âge de l'acier est un progrès par rapport à l'âge de la pierre. En fait, ce trio californien, jugé responsable de la naissance du grunge, n'a pas tout à fait renié le culte satanique qu'il voue à Kiss et Black Sabbath. Il s'est surtout adapté aux circonstances du temps et de la mode, inoculant un zeste de cuivres, une pincée de ‘scratches’, un doigt d'expérimentations post industrielles et quelques miettes de délire cartoonesque, dans sa débauche de riffs de guitares malveillants, fracassants, ses accès de basse menaçants, ses drums écrasants et ses vocaux monolithiques. Seul le pseudo folk (Tom Waits ?) " Cottonmouth " ainsi que le remarquablement floydien et allègrement psychédélique " Black box " échappent au naufrage. Mais c'est un peu maigre pour prétendre à une véritable évolution.

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