Avant de fonder Sugar, Bob Mould était le principal acteur du mythique Hüsker Dü, groupe responsable de l'éclosion de la noisy rock américaine. Entre ces deux expériences, il avait déjà tenté une aventure en solitaire. Sans grand succès. Ce qui apparemment ne l'a pas dissuadé de recommencer. Il nous revient donc avec un album solo. Eponyme. Et il n'aurait pas pu mieux choisir son titre! Car toutes les compositions, toute l'instrumentation, toutes les parties vocales et même la production sont assurées par Bob. Dix compositions où l'artiste manifeste toute son amertume, sa douleur, sa révolte, ses angoisses à travers les lyrics. Musicalement, il aborde trois styles fondamentalement différents. Plus cold d'abord, plus lancinant, un peu à la manière d'un Love Spit Love ou d'un Jesus & Mary Chain. Comme sur "Anymore time between" ou "Next time that you leave", lorsque les guitares grinçantes, crépitantes se mêlent avec des rythmes convulsifs, excitants. Dans une style plus traditionnel ensuite, inévitablement proche de Sugar ou d' Hüsker Dü ("I hate alternative rock", "Art crisis"). Et puis finalement, de la pop plus harmonieuse, plus sophistiquée, plus accessible. Il n'a d'ailleurs pas hésité à utiliser les claviers et la guitare acoustique presque ‘edkuepperienne’ pour enrichir la texture de certains morceaux. Comme sur les petites perles "Fort Knox, king Solomon" et "Hair stew". L'opus implique même un intermède instrumental limité aux claviers, intermède dont la mélodie mystérieuse, presque occulte nous a littéralement glacé le dos. Superbe!

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