Après sa trilogie morbide consacrée aux mégalopoles ("New York"), à l'artiste ("Songs for Drella") et à l'esprit ("Magic & loss"), Lou Reed revient à la réalité contemporaine. Celle de New York. Urbaine, encore et toujours ("NYC man"). Il en profite aussi pour dénoncer l'hypocrisie de la droite américaine ("Sex with your parents - Motherfucker- part II"). Et puis pour épancher ses sentiments profonds. Pour parler d'amour, quoi! De sa passion qu'il partage avec Laurie Anderson, à qui il dédie cet album. Enfin presque. Réservant "Finish line", en hommage à feu Sterling Morrison. Mais ce qui frappe surtout sur ce disque, c'est ce retour aux sonorités basiques de l'instrumentation. A la limite du minimalisme. Fernando Saunders à la basse, Tony ‘Thunder’ Smith aux drums et Lou au chant ainsi qu'à la guitare se partagent l'essentiel de l'espace sonore. Laurie Anderson aux backing vocaux, Roy Butter E Street et de très rares musiciens de studio complétant le décor. Lou a en outre utilisé une nouvelle technique de studio pour rendre le son plus "live", plus glauque. Un environnement qui convient parfaitement à ce spécialiste inégalable de l'énergie qu'il sous-entend de sa voix, metal-glace, faussement cynique, constamment à la recherche de ces phrases qui claquent, de ces mots qui cinglent. "Set the twilight reeling" implique en outre un titre qui figure sur la bande originale de "Brooklyn Boogie", dernier film de Paul Auster ("Egg Cream"); ainsi qu'en final un remarquable titre maître, réminiscent de "Rock 'n roll animal". Un must!

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