Album extrêmement intéressant, mais difficile à analyser pour ce quatuor new-yorkais. En fait, la formation donne l'impression de vouloir goûter une multitude de saveurs underground. Et en particulier celles qui ont inspiré PJ Harvey, Fall, Sonic Youth et Lone Justice. Un album qui peut se révéler tantôt sauvagement électrique, soumis aux percussions tribales ou imprimé sur un tempo hypnotique. Mais qui accorde une place importante à la sensibilité mélodique. Faut dire que Run On possède en la personne de Sue une remarquable vocaliste. Capable d'élever sa voix au registre de Maria McKee ou d'adopter un timbre proche de Polly Harvey. Une oeuvre qui peut également épouser un ton minimaliste. Comme sur "A to Z". Mais un minimalisme dans l'esprit de Cure. C'est à dire réduit au xylophone, à la guitare sèche et à la voix. Mais Run On atteint le sommet de son art sur les deux chansons qui ont le mieux dirigé leurs influences. D'abord le contagieux "Doesn't anybody love the dark" et ensuite le cuivré "Xmas trip". Un disque qui recèle en outre une composition qui aurait tout aussi bien pu figurer sur le dernier opus de Boss Hog, "Tried", et une autre sur celui de Stereolab, "Surprise". Une bonne surprise, c'est le cas de le dire!

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