Après huit années d'existence, Ride a splitté. Influencé à l'origine par My Bloody Valentine, House of Love et Jesus & Mary Chain, le quatuor d'Oxford était arrivé au sommet de la pop indie, au moment où elle était devenue une véritable alternative à la scène musicale. Bénéficiant dès 1990 d'articles dithyrambiques, dans la presse insulaire, la formation allait en quelque sorte symboliser le renouveau de la britpop. Et puis les musiciens étaient damnablement jeunes, beaux et middle-class. "Tarantula" constitue donc le chant du cygne du combo. En fait, Andy Bell avait pris de plus en plus d'importance au niveau de la composition. A un tel point que pour cet opus, le rôle de Mark Gardener était réduit à la portion congrue. Deux titres issus de sa plume sur douze fragments! Mark s'est donc senti frustré et a préféré mettre la clef sous le paillasson, provoquant dans la foulée l'éclatement de la formation... On avait déjà pu le constater lors de la sortie de "Carnival of light", mais Ride s'éloignait progressivement de son style ‘noisy’ prodigué par les célèbres elpees "Nowhere" et "Going blank again". Et pour ce "Tarantula" il est même à des années lumières de la magnificence sculpturale des accords de guitares diffusés sur "Leave them all behind"... En fait, tout en continuant à tracer des méandres dans le catalogue des Byrds, Ride s'est ouvert davantage d'accents rythm'n blues, house même. Un peu à la manière de Primal Scream, de Chapterhouse et de Telescopes. Nappé de claviers fluides, "Deep inside my pocket" aurait ainsi tout aussi pu relever du répertoire des Charlatans, alors que "The dawn patrol" privilégie les breaks vertigineux à la manière des Godfathers. Mais la véritable métamorphose se situe au niveau de la sensibilité mélodique. Beaucoup plus américaine. Et même radicalement sur la composition acoustique, pigmentée par la steel guitar, "Castle on the hill", ou ce morceau de garage électrique typiquement californien, "Gonna be alright"...

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