Depuis sa création en 1990, St Etienne n'a jamais vraiment pratiqué une musique conforme à notre sensibilité personnelle. Et pourtant ! Comment expliquer le plaisir ressenti à l'écoute de leurs CD ? Peut-être parce qu'ils se sont toujours montrés imprévisibles. Peut-être également à cause de cette attitude baroque qu'ils n'ont jamais abandonnée. Celle d'exagérer la mode des seventies, par exemple. Mais c'est sûrement dans sa musique qu'il faut aller chercher la réponse. Car il ne faut pas renier les qualités exceptionnelles que possèdent les membres du groupe. Peter St John Wiggs et Robert Arkady Stanley dans le domaine technique, et Sarah Jane Cracknell au niveau vocal. En tous cas, la technopop de leur nouvel elpee, " Tigerbay ", a encore réussi à nous mette en boîte… comme des ados ! Et à nous émoustiller. Par sa diversité, surtout. Pensez qu'en quinze titres, le groupe passe en revue la musique de film, la techno pop, la ballade romantique, le trip hop ‘portisheadien’ et l'électrodance. On a même droit à une composition acoustique qui nous rappelle Kristin Hersh des Throwing Muses. Quel paradoxe pour un groupe synthétique ! Soulignons également l'apparition ponctuelle d'Etienne Daho déclamant un poème au beau milieu d'une chanson. Un excellent album donc, qui démontre que contrairement à l'équipe de football, St Etienne fait toujours partie de l'élite, mais musicale, cette fois…

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