En pleine explosion grunge, Stone Temple Pilots commettait le formidable "Core", album duquel était extrait le tout aussi remarquable single "Plush". En 1994, la sortie de "Purple", bien que de bonne facture, payait au grand comptant l'essoufflement du mouvement grunge. Depuis, le groupe de San Diego a connu de gros problèmes, implicitement liés à la consommation de drogues. Et c'est en pleine phase de désintoxication que ce "Tiny music..." a été enregistré. Première constatation, le syndrome du metal seattlenesque n'est plus qu'un mauvais souvenir. Et si le nouvel opus recèle encore l'une ou l'autre trace de post grunge, notamment sur "Pop's love suicide" et "Seven caged tigers", les deux fragments sont abordés avec un feeling comparable à celui de Foo Fighters. Pour le reste, hormis l'insipide "And so I know", le funk blanc acéré de "Tumble in the rough" et surtout d' "Art school girl" où Tripping Daisy tente de séduire Red Hot Chili Peppers, la plupart des autres compositions flirtent allègrement avec la pop insulaire de la fin des sixties/début des seventies. Celle des Beatles tout d'abord. Sur "Lady picture show". Du Led Zeppelin ensuite. A travers "Adhesive". Mais surtout des Pretty Things. Epoque "SF Sorrow" et "Parachute". Pas seulement à cause du falsetto glamourisé des harmonies vocales, mais aussi des lignes mélodiques sinueuses, atmosphériques sillonnées par un groove pulsant, insidieusement viscéral. Etonnant! Même si les aficionados de STP risquent de ne pas trop apprécier...

Nederlands
Français 
