Tout comme Stereolab, Tortoise avoue avoir été influencé par le krautrock de Neu, Can et Kraftwerk. Ce qui explique sans doute pourquoi, John McEntire, drummer et ingénieur du son du quintet yankee (Chicago), vient de produire le nouvel opus de Stereolab, "Emperor tomato ketchup". Kraftwerk tout d'abord. Car dès le morceau d'ouverture, "Djed", on a l'impression que le groupe cherche une projection dans le futur, une "Autobahn" pour le XXIème siècle... Malgré la multitude d'instruments et de gadgets électroniques utilisés - basses (parfois quatre!), xylophone, harmonium, marimba, piano électrique, percussions africaines, boîtes à rythmes flippants ou bourdonnants, synthés (archaïques et contemporains), samples, collages, guitare (sans doute!), etc. - la musique se révèle intimiste, paisible, hypnotique, rampante et bien sûr complexe. Tortoise nous propose à travers ce "Millions now living will never die", une excursion subliment léthargique dans le rock, le dub, le trip hop, l'avant techno, le jazz moderne (Miles Davis?), la lo-fi (Swell?), la muzak (Brian Eno), l'art techno (Mouse on Mars), la bande sonore cinématographique (Ennio Morricone), ... dans une multitude de styles quoi ! Un périple dans la romance frêle, imaginaire de l'underground américain. Un fameux pas en avant dans l'art du recyclage que les médias ont déjà taxé de post rock avant-gardiste. Pourquoi pas?

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