U2 aurait enfin un héritier légitime. C'est en tout cas ce que colporte la presse insulaire. D'abord parce que le quartet est Irlandais. De Dublin! Et puis, à cause de la qualité de son premier album: "Heartworm". Pour tout vous dire, nous affichons le même enthousiasme que celui manifesté lors de la sortie de "Surfer Rosa" des Pixies, de "Levelling the land" des Levellers ou de "Time for the rest of your life" de Strangelove. Excusez du peu! Un opus qui sonde le désespoir existentiel de la cold wave. Celui de Joy Division bien sûr. Mais également de Jesus and Mary Chain, d'Echo & the Bunnymen, de Psychedelic Furs et sous une forme plus contemporaine de Nick Cave & the Bad Seeds. Avec une élégance romantique comparable à Sad Lovers & Giants, Chameleons, Modern English et autres House of Love. Une élégance sculptée dans l'électricité vivifiante, mélodique, épisodiquement raffinée d'une section à cordes, mais susceptible de manifester une furie spasmodique, noisy, réminiscente de My Bloody Valentine. Tout un programme! Côté lyrics, ce n'est pas mal non plus. Puisque les onze fragments de cet "Heartworm" abordent tantôt le sadomasochisme, le mysticisme, la mort, la maladie, le blasphème, la violence, la toxicomanie ou la fatalité féminine à la manière d'un Kafka, d'un Blake ou d'un Milton. Des chansons que Fergal McKee interprète d'une voix déclamatoire, aux confins de l'extase et de la douleur. Le premier must de l'année!

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