Le vent souffle et l’eau ruisselle. Ces bruissements ouvrent le deuxième album d’Evening Hymns le projet de Jonas Bonnetta. Une intro qui correspond parfaitement à l’état d’esprit du Canadien à la barbe hirsute. Pas étonnant d’ailleurs qu’il ait enregistré cet opus, au fond des bois, dans l’Ontario. Il a quand même invité quelques potes à le rejoindre. Et notamment des musiciens de The Wooden Sky ainsi que Taylor Kirk (NDR : Timber Timbre en personne). Pas uniquement pour partager un barbecue, mais surtout pour participer aux sessions.
Cet elpee paraît donc trois années après « Spirit Guide ». « Spectral dusk » baigne au cœur d’un folk atmosphérique. Chargé de sensibilité, introspectif, il peut aussi se révéler bouleversant. Faut dire que lorsqu’on puise son inspiration dans l’émotion suscitée par la mort de son père, on n’a pas envie de faire la fête.
Cette œuvre ne nage pas dans le bonheur, c'est une certitude. Le spectre de feu son paternel plane constamment. Pourtant, l’ambiance peut s’avérer champêtre, en parfait accord avec la nature. Mais souvent brumeuse. Les compos sont lentes. Bonnetta prend le temps de poser sa voix sur les morceaux, même s’il lui arrive de hausser le ton ; à l’instar du vibrant « Cabin in the Burrow » ou encore de « Song to Sleep to », une plage enrobée de chœurs. Les arrangements sont superbes et l’instrumentation paradoxalement riche (lapsteel, piano, guitare, …), une approche susceptible de rappeler Black Heart Procession. Encore que les titres entièrement instrumentaux lorgnent plutôt vers Sigur Rós voire Album Leaf.
Bref, si l’émotion est très palpable tout au long de « Spectral Dusk », les subtilités sonores permettent de s’y engouffrer, sans sombrer dans le spleen. Jonas est un artiste qui jouit d’un énorme potentiel et son Evening Hymns un projet qu’on espère redécouvrir au plus vite, peut-être dans d’autres circonstances…

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