‘A travers la noirceur de l'ombre, qui cache la mer et les cieux,
Une clarté blafarde et sombre, fait voir l'une et l'autre à nos yeux’
Empruntée à Madame Madeleine de Scudéry, femme de lettres française du dix-septième siècle, cette oxymore illustre idéalement le propos musical de Cult Of Youth et de cet album en particulier, assurément un des meilleurs parus cette année.
Bien qu’ici ladite clarté apparaisse plutôt à nos oreilles enchantées.
Dans un registre Folk lumineux embrassant avec ardeur la gravité d’un Dark Wave glacial mais jamais caricatural, COY sème habillement les fantômes de ses majeures influences (Death In June, Coil, Blessure Grave) et embrasse l’auditeur d’une étreinte fiévreuse digne du baiser de Klimt.
Vous l’aurez compris, le groupe, emmené par Sean Ragon (ex-Laugh As Laughters) ne fait pas dans la broderie.
Certes, sur papier, on craint que ces allures Post Punk rehaussées de cordes et de cuivres ne virent à un culte passéiste plutôt qu’à une ode à une quelconque jeunesse.
Mais qu’on se rassure ; les dix titres présentés sur l’autel s’avèrent simplement magistraux et parviennent d’emblée à faire oublier les spectres de ces glorieux aïeuls.
Si le regard est sans doute passéiste, la vision est contemporaine. Ce qui explique, peut-être, pourquoi cet opus est un de mes favoris de cette dernière année, avant l’apocalypse annoncée.

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