Il s’agit déjà du 3ème opus de ce duo réunissant la Japonaise Hemi Honda et le Canadien Jordan McKenzie. Tout au long de « Devastates », le couple se sert d’une multitude d’instruments aussi bien conventionnels qu’insolites (accordéon, aliments, clochettes, cornemuses, cuivres, gongs, guitare, harmonium, mandoline, moteurs, orgues, plantes, tambourins, ukulélé, violon, etc.), et se partage les vocaux qu’il parvient à conjuguer à la perfection, malgré des timbres et des inflexions totalement différents. Hemi possède une voix claire, argentine et s’exprime le plus souvent dans sa langue natale. Jordan plus fragile, à la limite de la rupture, dans celle de Shakespeare. Sur un ton proche du plus parfait folksinger celtique. Etabli au Canada, dans la région rurale du Québec, pour être plus précis, le couple semble vouloir perpétuer la culture hippie. Notamment dans ses lyrics qui traitent du conflit entre la technologie et la nature mais aussi propagent une idéologie politico-économique, sensible à l’écologie.
Elfin Saddle explore également la world sous toutes ses formes, un peu à la manière de Dead Can Dance, mais privé de ses aspects gothiques, emphatiques et sophistiqués. Et puis, sans le contraste entre le baryton de Brendan Perry et le contralto éthéré de Lisa. On est cependant plongé dans un monde où le temps et la géographie n’ont pas de signification. Ce qui n’empêche pas leur musique d’embrasser une forme mystique et ma foi fort agréable…

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