Dans quelle nouvelle aventure Deerhoof allait donc nous entraîner sur « Breakup Song », sa dernière œuvre en date ? Propice à la mélancolie exacerbée, à l’instar du titre de l’elpee ou aux attaques agressives pour la conjurer ? Aucune de ces deux options n’a été retenue par la formation étasunienne, bien entendu…
Dès les premières notes du titre maître qui ouvre l’opus, on reconnaît le style unique en son genre de Deerhoof, hanté par la voix bizarre, haut-perchée de Satomi Matsuzaki. Des guitares fofolles (« To Fly or not to Fly »), des rythmiques arythmiques prodiguées par Greg Saunier, une déconstruction permanente faussement innocente, des claviers pop 80’s (« Zero Seconds Pause ») ou des ambiances tropicales (« The Trouble with Candyhands »)… la créativité est permanente tout au long de ce long playing dédié à la fête (« We Do Parties ») ! Complexes, leurs compos se savourent comme des bonbons acidulés qui n’ont jamais deux fois le même goût… Pourtant, parfois, le mélomane a l’impression qu’en essayant constamment d’innover, les Californiens se mordent légèrement la queue. Mais ce souci de remise en question permanent, entretenu tout au long de leurs 12 albums, mérite qu’on leur tire notre chapeau. Et ce « Breakup Song », dont la durée n’excède pas judicieusement les 30 minutes, est de la même trempe. D’ailleurs, le point de rupture est loin d’être atteint !

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