Hugo Race a donc monté un nouveau projet, en 2010. En engageant Antonio Gramentieri et Diego Sapignoli. Soit le duo instrumental italien, Sacri Cuori, qu’il a rebaptisé The Fatalists. « We never had control » fait suite à un premier elpee éponyme paru deux ans plus tôt. Lors des sessions d’enregistrement de ce nouvel opus, Hugo a également reçu le concours circonstanciel de Vicki Brown et de Catherine Graindorge au violon, ainsi que du contrebassiste Francesco Giampaoli. Sans oublier Franco Naddei aux synthés. La présence de tous ces musiciens italiens s’explique tout simplement, parce que l’Australien s’est établi à Catane, en Sicile, où il a monté son propre studio, Helixed.
Hugo Race a sévi au sein de Birthday Party et des Bad Seeds de Nick Cave. Chez ces derniers, uniquement de 83 à 84. Ce qui ne l’a pas empêché de participer à l’enregistrement de cinq albums. Depuis, il multiplie les projets, dont le plus notoire reste encore à ce jour True Spirit.
Découpé en 8 plages, « We never had control » baigne au sein d’un climat sombre, ténébreux, très susceptible de rappeler Tom Waits. Notamment sur les titres les plus blues. A l’instar du malsain « Meaning gone » et puis du remarquable « No sterotype », une compo épurée, presque psychobilly et surtout percutante, imprimée sur un tempo tribal, digne des Cramps. Le disque s’ouvre par « Dopefiends », une compo alerte, aride, presque country & western, attaquée par de subtils accords de sèche et close par des gémissements de guitare atmosphériques. Et embraie par le morceau le plus singulier de l’œuvre, « Ghostwriter », une piste hypnotique, dansante, presque house. L’elpee recèle évidemment des titres plus spectraux, dont « No angel fear to tread », hanté par un violon fugitif ; et surtout le titre maître, une compo indolente, au cours de laquelle, Hugo se met dans la peau d’un crooner. Crooner, c’est d’ailleurs souvent l’attitude qu’il adopte sur cet elpee. Empruntant même parfois les inflexions de Cave voire de Leonard Cohen, surtout lorsque sa voix est soutenue par des chœurs féminins. Sans être fataliste, il faut reconnaître que si cet album et de toute bonne facture, il ne risque pas d’ouvrir les portes du succès à Hugo Race…

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