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Rewind

Écrit par - Laurent Deger -

Lorsqu'elle se décide à entamer la composition de son quatrième album, la Canadienne Elizabeth Shepherd découvre qu'elle est enceinte. Elle décide alors de modifier ses projets et de se consacrer à l’enregistrement d’un album de reprises. Lesquelles ? De morceaux qui l'ont marquée depuis l'enfance. La native de Toronto est loin d'être une inconnue pour les amateurs de jazz. En effet, son premier opus paru en 2006, « Start To Move », est désigné par les auditeurs du prestigieux Gilles Peterson Show comme l'un des meilleurs albums jazz de l'année. Les deux réalisations qui suivent recueillent également un solide succès critique et lui valent plusieurs nominations pour différents prix dans son pays d'origine. Elle est d'ailleurs la seule chanteuse de jazz qui ait concouru pour le Polaris Prize. Très vite, les plus grands festivals et les meilleures salles lui ouvrent leurs portes. Elle s'y produit soutenue par son trio, mais également en compagnie de pointures comme Branford Marsalis, Victor Wooten ou Christian McBride. Elle assure aussi régulièrement la première partie de Jamie Cullum.

Il faut reconnaître à cette pianiste émérite un vrai talent pour les arrangements que l'on peut encore mieux apprécier sur le présent « Rewind ». En effet, la plupart des morceaux sont d'énormes standards et l'on est très souvent conquis par la façon dont elle les revisite. Nancy Elizabeth n'est pas de ces jazzmen (NDLR : jazzwomen ?) qui surchargent leurs interprétations de mille fioritures et circonvolutions. Ici, il n'y a pas une note de trop, le ton est délibérément minimaliste et intimiste. Une sobriété que l'on retrouve également dans sa façon de chanter jamais démonstrative mais tout en nuances qui a suscité les comparaisons avec Joni Mitchell et Ricky Lee Jones. Il existe évidemment une énorme maîtrise technique derrière cette interprétation, mais on ne sent pas l'effort. Au contraire, l'atmosphère est décontractée, agréablement groovy.

« Rewind », plus que nous replonger dans le passé, nous entraîne dans l'intemporalité, malgré ces morceaux d'un autre âge signés Gershwin, Kurt Weil ou Cole Porter. Les minutes s'égrènent au son d'une guitare des îles puis se bousculent sur un solo de Wurlitzer ou de Hammond. On redécouvre aussi Brassens et ses ‘amoureux des bancs publics’ dans une version violon/contrebasse des plus réussies. Elizabeth Shepherd, qui a résidé quelques années en France, se lance même dans une version francophone de « Porque Te Vas » qu'on préfère quand même dans la langue de Cervantès. Et puis, il y a des moments plus enlevés comme le « Sack of Woe » de Cannonball Aderley et son groove diabolique mais surtout une version de « Feeling Good » mémorable ne fut-ce que par la performance de Colin Kingsmore, à la batterie. Bref, un disque maîtrisé de bout en bout, plein de maturité et de tendresse que l'on pourra ressortir de l'armoire ces dimanches paisibles où le temps se dilate.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Elizabeth Shepherd
  • Genre: Jazz/Classique
  • Label Prod: Linus Entertainment / V2
  • Date: 2012-09-29
  • Rating: 3
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