Bien avant Barack Obama, Fela Kuti s’est vu collé une étiquette de ‘Black President’. En compagnie de son drummer, Tony Allen, il a créé un courant musical qui a influencé et influence encore un nombre incalculable de musiciens : l’Afrobeat ; soit un mix de funk et de jazz dynamisé par des rythmes traditionnels africains… Riche, cette musique véhicule, en outre, un message sociopolitique, en dénonçant les injustices, critiquant l’impérialisme occidental ou épinglant le comportement indécent de certains gouvernements africains corrompus.
Comptant plus de 70 (!) albums à son actif, le maître ne se repose jamais. Aussi, il faut féliciter le label Kitting Factory de remettre un peu d’ordre dans nos idées, en publiant des compilations consacrées à cet artiste. Elles sont intitulées, bien évidemment, « The Black President », et le second volume vient de paraître. Il recèle 12 morceaux qui ne descendent jamais sous des 10 minutes. Y figurent le classique « Everything Scatter » (1975) ainsi qu’une longue version de « Sorrow Tears and Blood » inspirée des émeutes de Soweto, en Afrique du Sud. L’intro du booklet a été rédigée par la star du hip-hop US Akon et une analyse exhaustive des plages a été réalisée par le critique musical Chris May, grand fan du maître.
Cette figure mythique de la musique africaine avait été constamment harcelée par le régime militaire de son pays, au cours des années 70 et 80 ; et on comprend mieux pourquoi la dictature militaire n’avait pas trop apprécié ses textes, dont sont extraits quelques brûlots subversifs. Un double opus d’une durée totale de 150 minutes. On en a donc pour son argent !

Nederlands
Français 
