« Oak Island » constitue le deuxième album solo de Dave Hartley, le bassiste de War On Drugs. Ce multi instrumentiste de talent l'a enregistré comme le précédent ("Forget The Mantra") dans la chambre à coucher de son appartement philadelphien. Et cet exercice solitaire a bien du charme, livrant une dream-pop rétro très influencée par le soft-rock des 70's que l'on pourrait rapprocher des réalisations récentes de Gayngs et Disorder, la production léchée en moins, un soupçon de psychédélisme en plus.
Dave Hartley, en grand fan des Beach Boys, de Crosby, Still & Nash et de Simon & Garfunkel, aime les harmonies vocales. Il en use et abuse tout au long du disque. Dissimulant une tessiture somme toute assez banale sous une multitude d'effets, il s'ingénie à superposer les couches vocales (jusqu'à 300 sur le morceau "Nico"). Ces boucles, beaucoup de reverb, un zeste de sonorités electronica et des rythmiques légères créent une atmosphère souvent onirique. Mais quelques notes de trompettes au groove nonchalant et aux mélodies imparables et les accords classiques d'une guitare acoustique nous rappellent que le propos est résolument pop. Des morceaux comme le tubesque « I Fell In Love With A Feeling », le chaloupé « Born To Love » ou « So Far So Long » (sorte de rencontre improbable entre Magnetic Fields et Flaming Lips) sont d'ailleurs de vraies perles de pop aérienne. Une sereine nostalgie se dégage d’« Oak Island », comme une rêverie adolescente, une invitation à un voyage imaginaire. Composé patiemment, en bon artisan, pendant deux ans et demi entre deux tournées des War On Drugs, il se révèle un agréable compagnon dans lequel on apprécie de se plonger en ces jours de torpeur estivale.

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