L’album s’ouvre par des bruits de foule, probablement captés dans un marché ou lors d’une vente à la criée. En Grèce. Du brouhaha, qu’on retrouve au début de la plupart des morceaux. Car oui, il a été enregistré et mixé à Athènes, sur trois jours, en 2012, alors que dans la rue, éclataient des émeutes anti-austérité. Faut dire que Savage Republic a toujours été engagé dans la lutte sociopolitique. Fondé en 1980, il s’était séparé en 1990, avant de se reformer en 2002. Mais le line up initial, ne compte plus de membre fondateur. Sauf peut-être Bruce Licher, mais qui se contente de dessiner les pochettes.
Ce n’est pas la première fois que Savage Republic s’intéresse à la République hellénique. « Film noir », un de leurs singles, proposait en flip side une version du célèbre « O Adonis », une chanson révolutionnaire signée Mikis Theodorakis. Mais revenons à ce « Varvakos ». Découpé en 8 plages, il a bénéficié du concours de Blaine L. Reiniger (Tuxedomon). Au violon, bien sûr. Tout d’abord sur le titre maître, une piste à coloration balkanique. Lors d’un superbe morceau acoustique, minimaliste, intitulé « Poro », qu’il entame d’abord seul au milieu du tumulte. Sans quoi, on retrouve la patte post punk bien spécifique du combo californien (Los Angeles), caractérisée par ces drums tribaux, ces guitares noisy, stridulantes, et cette basse vrombissante, sur plusieurs titres : « Sparta », « Hippodrome », « Anatolia » et « Kara », seul compo chantée, au cours de laquelle l’archet de Blaine virevolte littéralement. Un morceau plus expérimental, « Pigadi », histoire de ne pas oublier que le band a aussi, autrefois, flirté avec l’indus. Un retour intéressant, même si les bruitages tirent parfois un peu trop en longueur…

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