Co-fondateur du label Raster-Noton en compagnie de Carsten Nicolaï et d’Olaf Bender (aka Byetone), Frank Bretschneider est considéré depuis les années 90 comme un des grands noms de la musique électronique intellectuelle. Sous son propre nom ou sous le pseudo Komet, il a publié une quantité impressionnante d'albums aventureux qui ont permis à la critique de rivaliser d'inventivité pour les qualifier. ‘Pointillisme analogique abstrait’, ‘pulsations hypnotiques de chambre d'écho’ et autres termes alambiqués attendent l'Allemand de l'Est à chacune de ses sorties.
La cuvée 2013 s’intitule "Super.Trigger" et constitue le fruit d'improvisations en studio réalisées ces deux dernières années. Partant parfois de matériaux de travaux plus anciens, les morceaux proposés sont avant tout une recherche sur les rythmes. L'electronica sophistiquée qu'il délivre offre donc peu de mélodies et se concentre sur des paysages polyrythmiques considérés par l'auteur comme son œuvre la plus directe, claire et compacte. Ces pulsations complexes au groove mental habillées par quelques bleeps épars peuvent même le mener vers des contrées funk ("Flicker.Funk"), abstract hip-hop ("Super.Trigger") ou dub ("Day.Dream").
En gravant cet album, Frank Bretschneider a voulu revenir aux fondements de la musique moderne : le rythme. Jamais, il n'a autant cherché à susciter le mouvement chez ses auditeurs. Et même si les beats sont froids et mentaux, on se surprend à dodeliner et à remuer les épaules de manière épileptique. Il ne sera certainement pas invité au prochain Tomorrowland –ce qui risquerait de provoquer, d’ailleurs, quelques suicides parmi ses fans– mais on imagine bien quelques plages de "Super.Trigger" s'immiscer dans les sets les plus audacieux d'artistes minimal techno voire de turntablists ouverts d'esprit.

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