Pour la première fois, Columbia a décidé de se pencher sur un disque bien précis du Zim, « Another self portrait ». Un double elpee paru en 1970 qui avait été littéralement descendu par la presse. Un éminent chroniqueur yankee avait même écrit, à l’époque, après avoir écouté ces disques : ‘C’est quoi cette merde ?’. Un peu plus de 4 décennies plus tard, le label major a donc voulu revenir sur cet épisode. A travers 16 versions alternatives et surtout dépouillées (NDR : sur 24) de cet LP tant décrié. Et le tout est enrichi de démos, traditionnels revisités, inédits, prises ‘live’ (NDR : à l’Ile de Wight en compagnie du Band) et compos réarrangées (NDR : de « New morning », notamment), des morceaux enregistrés entre 1969 et 1971. Et à nouveau sur un double compact disc. Pour un total de 35 plages.
En fait à l’époque, Bob en a un peu assez de son statut de révolutionnaire. Il a envie de tourner la page. Et puis, il vient de se prendre une pelle en moto. Il doit impérativement sortir un album pour CBS. Et lors des sessions, il invite, entre autres, David Bromberg, George Harrison et Al Kooper. Des sessions totalement bordéliques qui puisent tour à tour dans la pop, le folk, le blues ou le jazz, et surtout dénoncent l’attitude un peu je-m’en-foutiste du natif de Duluth. Qui d’ailleurs ne va composer que 5 véritables nouveaux titres. Dont le fameux « Wigwam », jolie ballade mélodique, sans texte, qui paraîtra en single.
Le disque va ensuite être gonflé d’arrangements divers, à Nashville. Le producteur Bob Johnson va tapisser les compos de chœurs, rythmiques, cuivres et cordes. Sans doute pas une bonne idée. Et on s’en rend compte à l’écoute des versions originelles. Pas nécessairement ce que Dylan a fait de mieux, mais pas pour autant dénuées d’intérêt. D’autant qu’épurées, les compositions passent bien mieux la rampe… Faut aussi dire qu’à cette époque, la tendance était aux orchestrations emphatiques. Pensez à « Let it be » des Beatles. Et le Zim était également tombé dans le panneau.

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