Il y a déjà près d’une décennie, la famille Followill cultivait un parfum sonore qui sentait bon le Sud des States. Et prononcer le nom Kings of Leon suscitait une excitation légitime. A l’époque, on comparait même le groupe à Creedence Clearwater Revival. Cette impression a fait long feu. Dès le troisième album, les natifs de Nashville ont voulu polir leur son à l’extrême, reniant ainsi leurs racines sur l’autel de l’accessibilité. Leur musique devient alors banale voire même ennuyeuse. Pourtant, ce changement de cap va leur permettre de squatter la tête des charts, d’assurer le supporting act des tournées de U2 dans les stades. Alors que paradoxalement, le sens créatif était manifestement à l’agonie.
« Mechanical Bull » semble enfin pouvoir stopper l’hémorragie ; mais la convalescence sera encore longue. Sur ce sixième album, on a sporadiquement l’impression d’entendre le spectre d’un passé prometteur. Et c’est manifeste sur les deux premiers morceaux de l’elpee, au cours desquels on reprend conscience que les Followill ont grandi dans le Sud. On pense notamment à « Supersoaker » ou « Rock City ». Malheureusement, ces moments sont encore trop rares et le groupe retombe rapidement dans ses travers. Ainsi sur « Don’t Matter » et « Tonight », Kings of Leon se contente d’étaler ses grosses guitares. De quoi enrichir son cv pour postuler auprès de U2 pour les accompagner lors de leur prochain périple. On a même doit à une chanson ‘romantique’ dégoulinante. Et elle s’intitule « Wait for Me ». Bref, hormis le démarrage, ce « Mechanical Bull » est encore trop propre ! Faut quand même avouer qu’Angelo Petraglia a une fois de plus accompli du très beau boulot !
Malgré quelques éclaircies, les Kings of Leon ne sont pas encore guéris de leur affliction ; et la rechute n’est jamais loin. Perso, je doute réellement qu’ils puissent un jour remonter la pente. Qu’il est loin le temps de « Youth and Young Manhood » !

Nederlands
Français 
