Jonathan Spencer et Christina Martinez sévissaient autrefois chez la formation new-yorkaise Pussy Galore. Ce qui doit vous donner une petite idée du style pratiqué par Boss Hog depuis 1989. Enfin presque. Puisqu’avant de fixer leur choix sur Mrs Hollis Queens aux drums et sur l'ex-Swans, Jens Jurgensen à la basse, le duo de base a vu défiler une kyrielle de musiciens. Bref revenons à ce quartette qui pour enregistrer cet opus éponyme a bénéficié du concours de Steve Fisk (Nirvana, Afghan Whigs, Wedding Present) à la production. Boss Hog y cabriole à travers une série vertigineuse de styles différents. Punk, country, metal, blues, funk. Mais aux contrastes viscéralement austères (Sonic Youth), à l'intensité grinçante (Big Black) et au climat sordide, marécageux, malsain (Beefheart). Faut dire que la présence de Christina n'y est pas étrangère. Après avoir pavané une image ‘sexploitée’ au sein de Pussy Galore, elle manifeste aujourd'hui une attitude plus glam, sophistiquée, bien que subversive et ambiguë, libérant à travers ses lyrics outrage et anomie. Un album fort intéressant ponctué de trois petites perles. Le venimeux "White Sand" avec ses chuchotements à la Polly Harvey. Le post no-wave (Swans?) "Walk in", à cause des inflexions vocales de Christina qui épousent celle de Jarboe. Et enfin le spectral "Texas" lacéré d'accès de violon et de violoncelle à la manière de la bande sonore du "Psychose" d'Hitchcock!

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