Une éclaircie dans le ciel désespérément gris du hardcore et du grunge. Provoquée par un quintet suédois. Pop de surcroît ! Vous pensez inévitablement à Abba. A ses mélodies brillamment aseptisées. A ses harmonies vocales raffinées, sucrées. Ne plantez quand même pas trop vite le décor, car si les chansons des Cardigans sont aussi duveteuses, élégantes et maniérées que celles de leurs illustres aînés, elles piochent davantage dans les fifties que dans les sixties, exsudant un sentiment cinématique, allègre, bcbg. Texturées à la fois dans le jazz, le surf et le music hall (Nancy Sinatra, Marilyn Monroe), ainsi que le postcard des Smiths et d'Orange Juice, elles peuvent même se révéler brillantes. Comme sur le single "Carnival", "Daddy's car, "Sick and tired", "Hey! Get out of my way" ou "Sabbath bloody sabath". Caressées par le timbre vocal tendre, sensuel, malicieux de Nina, proche de celui de Sarah Cracknell (Saint Etienne), elles s'agitent alors au contact de la guitare. Electrique à la ligne claire ou semi acoustique et syncopée. Sans oublier les drums feutrés, les accès de basse moites et les claviers poussiéreux. Lorsqu'elles ne se laissent pas bercer par une indolence linéaire propice à la mélancolie rêveuse...

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