Après avoir recyclé très adroitement le garage rock pendant cinq albums, Goupil le Renard a donc décidé d'élargir son horizon sonore à 180°, tout en multipliant les clins d'œil à l'histoire du rock'n roll. Depuis les Kinks à Syd Barrett, en passant par REM, Tom Petty, les Beatles et les Stones. Julian n'a cependant pas choisi la facilité, (dé)co(u)pant ce "20 Mothers" en 20 fragments (!?!) sur quatre tableaux. Le premier, probablement le plus accessible, implique un des meilleurs singles de l'année, "Try try try", enrichi par ailleurs de 4 inédits sur l'Ep, l'impétueux mais contagieux "Queen/Mother" et la comptine "I'm your daddy". Le deuxième s'ouvre par un deuxième hit potentiel, "Highway to the sun", embraie sur l'hypnotique "1995", et s'achève par un pastiche de Franky Goes to Hollywood ", "Just like poor bear". Le tout saupoudré d'effets spéciaux synthético-pychédéliques. Hormis l'allusion à peine voilée au chanteur du Who, Roger Daltrey, sur "Don't take roots", le troisième est probablement le plus complexe, le plus climatique, voire ambient pour "The Lonely guy", rappelant que Julian Cope a toujours cultivé une image underground. Que ce soit en compagnie de Ian McCulloch, Pete Wylie ou au sein de Teardrop Explodes, rappelé ici par "Greedhead Detector". Sans oublier le psyché baroque. A l'instar de "Cryingbabiessleeplessnights" qui ouvre le quatrième volet. Un fragment plus acoustique, mais infiltré d'interventions de mellotron, un mellotron qui devient même franchement ‘cathédralesque’ au cours du final "When I walk through the land of fear". Cette dernière planche recèle en outre un superbe instrumental, "Leli B", plus new wave que nature. Bref, un chouette album, mais qui exige plusieurs écoutes avant de pouvoir être véritablement apprécié.

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