Fruit de son environnement urbain à Brooklyn, Girls Against Boys propage une musique âpre, sombre et difficile. Sorte de lo-fi (Sebadoh, Swell) revue et corrigée par Fall, Fugazi et Joy Division. Pourtant, au fil du sillon les compositions s'infiltrent insidieusement dans votre subconscient pour fatalement vous envoûter. Comme sur les deux derniers fragments "My martini" et "Glazed eye". Un disque qui macère dans un climat malsain, claustrophobe, angoissant. Projetant des images à la fois sinistres et fascinantes comme les écrans de pollution, la densité des autoroutes, les enseignes lumineuses au néon ou les rames de métro qui grondent avec une brutalité paroxystique. Riffs de guitare effilés, viscéraux, orgue de série B ou vibraphone hanté, basses jumelées, sourdes, sinueuses, jazzyfiantes, constituent la texture de ce blues métallique qui entre en fusion lentement, implacablement, suivant un code secret, distordu, malveillant décrypté par la voix laconique, menaçante de Scott McCloud. Impressionnant!

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