En 1995, Juliana gravait son premier album solo. Une œuvre climatique, sauvage, adolescente dont la force instinctive oscillait imprévisiblement du plus tendre au plus fanatique. Pour enregistrer son deuxième opus, Juliana Hatfield a décidé de muscler son expression. Et puis en même temps de ne plus épancher aussi naturellement ses émotions les plus secrètes. Adieu donc l'autobiographie. Mais en même temps adieu à cette forme de spontanéité lyrique qui nous avait autant enchantés autant qu'intrigués. "Only everything" fait la part belle aux mélodies pop contagieuses, lyriques, torturées par les cordes de guitares acérées, excitantes, grésillantes. Son noisecore n'a jamais été aussi proche de Veruca Salt. Ce qui peut sembler étonnant, lorsqu'on sait que Juliana fait aujourd'hui pratiquement cavalier seul. Coproduction, guitare, claviers, et même un tantinet de basse. C'est vrai que depuis la dissolution de son groupe Three, elle doit composer avec des musiciens de studio. Et pour la circonstance de John Freese (School of Fish, Paul Werterberg), Mike Levesque (Tribe, Scare) et Dean Fisher. Un disque finalement d'excellente facture, mais qui nous semble déjà un peu trop artificiellement dans l'air du temps.

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