Formation bavaroise (NDR : issue plus précisément d’Ingolstadt), Slut a publié huit albums depuis 1996. Outre-Rhin, il jouit d’une certaine notoriété sur la scène alternative. Pourtant, les lyrics sont chantés dans la langue de Shakespeare. Chez nous, il faut bien avouer que la bande à Christian Neuburger (voix, guitare) émarge à la zone crépusculaire de l’underground. « Alienation » devrait peut-être permettre au groupe, de sortir de cet anonymat.
À première écoute, le pop/rock de Slut est plutôt classique et agréable, sans plus. Mais au fil de l’écoute, on se rend compte que sa musique est bien plus subtile qu’on ne l’imaginait. En fait, malgré sa longue carrière, le band a décidé d’embrasser des perspectives contemporaines. A l’instar du titre d’ouverture, « Anybody have a roadmap », un morceau caractérisé par des percussions exotiques rencontrées régulièrement sur les compos de Vampire Weekend. Ou de « Sick Road Blues », une piste savoureusement orientale. Les Teutons n’ont également pas hésité à incorporer des éléments électroniques dans leur expression sonore. Et « Broke my Backbone » en est certainement la plus belle illustration. Evidemment l’opus recèle encore des plages plus classiques ; mais il y a toujours ce petit truc en plus, cette audace instrumentale, qui permet de faire la différence. Et comme la voix de Neuburger colle parfaitement à l’ensemble, le résultat est tout bonnement remarquable.
En parvenant à évoluer, Slut vient de frapper un grand coup.

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