Sur son premier opus baptisé « The Good Feeling Music of Dent May & Magnificient Ukulele », le natif d’Oxford, dans le Mississippi, avait expérimenté la technique de l’ukulélé. Sur le deuxième, « Do Things », il s’était frotté au funk. Pour son troisième essai, Dent May a pris un nouveau virage à 180°. Une nouvelle fois publié sur le label d’Animal Collective, Paw Tracks, « Warm Blanket » a pris une coloration nettement sixties.
Particulièrement sophistiquées, les 11 pistes de ce long playing évoquent, à première écoute, les Byrds et les Beach Boys. On y retrouve les arrangements luxuriants et guindés si chers à Brian Wilson ; et même si parfois il peuvent parfois paraître ‘ringards’, ils ne sont jamais dérangeants. Un exemple ? Les claviers très caractéristiques qui baignent « Let Them Talk ». Ou encore « Born too late », un titre à la fois nerveux et kitsch. Mais il est difficile d’imaginer que ce multi-instrumentiste était seul maître à bord, de l’écriture à l’enregistrement, pour concocter un tel opus, tant les compos proposées semblent être le fruit d’élucubrations approfondies. A l’instar de son maître californien, May possède un don particulier pour torcher des mélodies entêtantes et ensoleillées. Et « Do I Cross Your Mind ? » en est certainement la plus belle illustration.
On a, en outre, l’impression que lors des sessions d’enregistrement, Dent May a pris son pied. Tout simplement, en développant les idées qui foisonnaient dans son imagination. Un album lumineux et illuminé en ce début de printemps.

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