Franchement, Robert Pollard est tellement prolifique, qu’il devient de plus en plus difficile d’y retrouver ses jeunes. « Honey Locust Honky Tonk » constituerait son 38ème album si on ne tient compte que de ceux publiés sous son nom et de Guided By Voices. En englobant ses multiples projets, il doit en avoir gravé plus de 80 !
Que nous réserve son nouvel essai ? 17 plages en tout pour un peu moins de 38 minutes, dont quelques unes semblent inachevées. Ce qui n’est pas nouveau dans son chef. Même si les thèmes abordés sont souvent pertinents. Notamment lorsqu’il affronte celui de l’indifférence qui se manifeste aujourd’hui entre les êtres humains ou de l’angoisse face à la mort…
Côté guitare, Robert se sert d’une sèche, d’une semi-acoustique et bien sûr d’une électrique pour accompagner son chant. Mais penchons-nous plutôt sur la quintessence de cette œuvre. Toujours aussi lo fi. Qui adresse l’un ou l’autre clin d’œil à REM. A l’instar de « No requested things » ou de « I killed a man who looks like you ». Deux compos à la mélodie particulièrement contagieuse. Mais également à David Bowie. Comme sur « She hides in black » (ces infexions vocales !) et « It disappears in the least likely hands (Me may never not know) », rémniscente de « Heroes » voire de « The next day ». Et si l’inévitable « Tommy » du Who hante rituellement « Circus green machine », « Who buries the undertaker » nous entraîne dans le sillage de Wire. A cause de ces des jaillissements d’électricité hypnotiques. Enfin, « Drawing a picture » plonge dans le psychédélisme sydbarrettien. Et le reste ? Correct, mais souvent embryonnaire, certaines pistes n’atteignant même pas la minute. Bob n’avait sans doute pas le temps de les parachever. Trop occupé. D’ailleurs, depuis la sortie de ce long playing, il a certainement déjà publié deux ou trois nouveaux albums…

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