Qu'est-ce qui a bien pu arriver à Morrissey? D'abord il soigne son image de marque. Multiplie les concerts, autorise la sortie d'un album ‘live’, puis d'un recueil de flip sides. Change de firme de disques. Et expérimente, sur son nouvel opus, deux chansons de plus de dix minutes. En intro, le dramatique, solennel, pathétique, "The teachers are afraid of the pupils". Et en final le noisy, presque psychédélique, progressivement envahi de percussions tribales, "Southpaw". Pensez aux prémisses de Telescopes! Pourtant, les six autres chansons de cette œuvre épousent un profil fondamentalement britpop. Mêlant habilement arrangements symphoniques somptueux (Radiohead? Suede?) et électricité scintillante, jacassante, crépitante (Oasis? Gene? Shed Seven?) Les guitaristes Alan Whyte et Boz Boorer s'en donnent même à cœur joie sur "The boy racer", "Do your best and don't worry", "Best friend on the payroll" voire "The operation", même si ce dernier s'ouvre sur un solo de batterie de près de trois minutes (NDR: qui a dit baba cool?) Reste quand même le ‘smithsien’ "Reader meat author" et le single "Dagenham Dave" étrangement inspiré par Terry Venables et les Stranglers. Produit par Steve Lillywhite, ce "Southpaw grammar" prélude peut-être un retour au prog rock. Pas celui de Vandergraaf Generator, mais une forme adaptée aux nineties...

Nederlands
Français 
