Derrière Jaromil Sabor se cache un jeune auteur/compositeur/interprète répondant au nom de Loïk Maille. Fin des années 2000, ce Bordelais militait chez The Artyfacts. Et déjà sa musique sortait des sentiers battus. En 2012, il publie un album solo, une œuvre atypique baptisée « Marmalade Sculpture ». Atypique à cause de ses arrangements très personnels, arrangements que l’artiste a le bon goût de reproduire sur son second elpee, « La Santa Roja ».
Le disque s’ouvre par « Diamond Mind », une plage lumineuse abordée dans l’esprit du « Sgt Pepper’s » des Fab Four. « Midnigh Cats » et « Silly Miss Lizzy » baignent dans une pop réminiscente des 60’s. « Silly Miss Lizzy » est enrichi de cuivres majestueux. Savoureux mais brefs, « Blourk » et « The Sun Don't Shine On My Corvette » émargent au garage/rock. Les accords de gratte et la voix semblent même hantés par Ty Segall. Un zeste de thérémine (John Spencer ?) introduit « Darrell Standing (I Know What You Mean) ». Loïk serait-il musicien ou expérimentateur sonore ? La question mérite d’être posée. Chaque compo ressemble à un test en laboratoire. Il a ainsi recours à des instruments pour enfants sur « They Told Me Kafka Slept Here », un choix judicieux qui se lie parfaitement aux interventions sauvages de la guitare et aux inflexions vocales particulières de Loïk. « Let A Smile Be Your Umbrella » concède des accords de gratte surf. Un glockenspiel à la précision métronomique parcourt divinement « Alfredo's Ballad » et « Light Of Other Days ». Et « Romainville » constitue la cerise sur le gâteau. C’est également la plage finale. Si vous aimez les albums éclectiques, vous ne serez pas déçus. Perso, grand amateur de vin et tout particulièrement de bordeaux, cet opus me fait penser à un grand cru ; en l’occurrence le Petrus. A consommer avec ou sans modération, suivant votre constitution…

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