Il a donc fallu attendre trois bonnes années pour voir naître le nouvel opus studio de ce trio helvétique. Et l'attente n'aura pas été vaine, car le résultat va au-delà de nos espérances. Seulement, il se révèle beaucoup plus atmosphérique, éthéré, fiévreux, ne laissant exploser son intensité qu'en de plus rares occasions. Pas sur le remarquable single "Kissing the sun", qui semble avoir accumulé la somme des spécificités du tempétueux "TV Sky". Envolées d'orchestrations wagnériennes, tempo implacable, tribal, samplers organiques et puissants parviennent ainsi à remuer les entrailles du rock. Eléments que l'on retrouve dispensés plus parcimonieusement sur "Only heaven", laissant une plus grande place aux climats menaçants, étranges, pathétiques qu'irradie le vocal grandiose, opératique, passionnel de Franz Treichler. Et si "The Dreamhouse" peut se faire dangereusement convulsif, les seize minutes trente-quatre de "Moon revolutions" nous entraînent dans un univers cosmique, vertigineux, floydien circa "Meddle". Enregistré, comme par le passé, sous la houlette de Roli Mosiman, cet elpee constitue un nouveau pas en avant pour la musique hybride des Young Gods. Mais est-ce vraiment "Only Heaven"?

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