En 1993, Neil Young et Pearl Jam se payaient une jam mémorable à l'occasion de la remise des MTV Music Awards. Une collaboration retransmise par la chaîne musicale qui allait déboucher sur la promesse de recommencer l'expérience, mais pour un véritable album. Ce "Mirror Ball" constitue donc le fruit de cette rencontre. Première constatation: toutes les compositions relèvent de la plume de Young, le cinq de Seattle jouant ici le rôle de backing group dévolu dans le passé au célèbre Crazy Horse. Mais quel backing group! Et malgré le quart de siècle qui sépare le ‘loner’ du quintet de Seattle, on a davantage l'impression d'être en présence d'une équipe soudée que d'un patriarche entouré de ses fils spirituels. Coproduit par Neil et Brendan O' Brien, cet opus dispense onze fragments tout bonnement remarquables. Depuis l'hymnique "Song X" jusqu'au grésillant, distordu, élaboré en cascade "Scenery", en passant par le spectral "Act of Love", le fragile mais rigoureux "Big Green Country", le vulnérable "I'm the Ocean", le lancinant "Truth be known", le presque ‘rollingstonien’ et single "Downtown", le mensonge hippie trempé dans le regret et l'amertume "Peace and Love" et le crépitant "Throw your hatred down" circa "Everybody knows this is nowhere". Le tout épicé de deux brefs intermèdes alimentés par l'inévitable orgue à soufflets, "What happened today" et "Fallen Angel". Une constante: l'intensité électrique. Torturée, distordue, marécageuse, blanche, savoureuse, que Neil, Stone Gossart et Mc Cready extirpent littéralement de leurs guitares. La section rythmique est d'une précision et d'une efficacité sidérantes. Et puis bien sûr, il y a la voix gémissante de Neil qui inocule à chacune des mélodies cette sensibilité irrésistible. Un must, cela va de soi!

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