D’accord, la galette n’est pas neuve.
Apparue en plein solstice d’été 2013, nous ne nous y intéressons qu’aujourd’hui. Mais à l’écoute de l’œuvre, la fonction ‘espace/temps’ ne semble pas pertinente.
Dès l’ouverture, on est plongés 40 ans en arrière, lorsque les fantômes de Black Sabbath étaient encore menaçants. Alors, 12 mois d’écart entre la sortie et la chronique ne peuvent interférer dans la qualité qui au final en ressort.
Entre les nappes organiques des claviers rutilants, les cordes héroïques et lancinantes, la procession de Rose Windows vient cloîtrer immédiatement le mélomane au sein d’un univers psyché-rock. Epoustouflant ! En y ajoutant des interventions de flûte et de long solos de guitares fièrement déployés, on est vite déchiré entre mélancolie naïve et puissance maléfique, dévotion pieuse et hallucination chamanique.
Sous leur apparence d’hippies attardés, les 7 protagonistes du combo s’affichent tout feu tout flamme, sans la moindre gêne ; et dans une ambiance au sein de laquelle les éléments se baladent, s’entrechoquent, sont cajolés ou retournés, il envoient le bois sans aucune concession.
Au moment même ou l’on signerait le pacte qui lierait notre âme au diable, Rose Windows vient calmer le jeu et nous invite à prendre le recul nécessaire à cette hérésie via la voix superbe de Rabia Shaheen Qazi, la chanteuse, qui teinte les morceaux d’une douceur voluptueuse et permet un répit dans nos errances sataniques.
« The Sun Dog » épate, et peut même carrément laisser sans voix tant la qualité générale présente tout le long de l’album est tout simplement parfaite.
La justesse, tant dans les compositions que les voix, tant au niveau de la production que le choix rythmique des pistes ne pourrait être décortiquée, et c’est justement là que se situe la force imparable de l’elpee : il ne souffre d’aucune faiblesse.
Si l’on peut sourire en voyant débarquer la troupe sous ses airs de nostalgie ‘woodstockienne’ et mettre un fond de doute dans leur sérieux, une fois les amplis allumés et les instruments en branle, la ligne claire et fluide des compositions ne permettent qu’une seule option : tomber délicatement sur un matelas d’épines et s’en relever sans aucune égratignure.
« The Sun Dog » est un petit bijou ; et à l’instar de l’Anneau de Tolkien, il nous mène droit au brasier ardent d’un monde parallèle en plein essor. Et nous y allons, attirés malgré nous, tout en souriant au démon.

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