A l’instar de son titre (« Once More 'Round The Sun ») Mastodon est reparti pour un tour. En l’occurrence un sixième opus, et dans la foulée, une tournée mondiale pour le défendre. Mastodon est né en 1999 à Atlanta, aux États-Unis. Suite à la rencontre entre deux New-yorkais et de deux Sudistes pur jus. Le line up réunit Bill Kelliher et Brent Hinds aux guitares, Troy Sanders à la basse et Brann Dailor aux drums. Ces trois derniers participent aux vocaux, et Troy aux lead. Cette formation pratique un heavy metal teinté de rock, de sludge et de prog. A ce jour, le quatuor avait publié « Remission », en 2002, « Leviathan », en 2004 : « Blood Mountain », en 2006, « Crack the Skye » en 2009, et « The Hunter », en 2011. Comme d'habitude, la pochette du nouvel LP est de toute beauté. Elle signée Paul Romano.
« Once More 'Round the Sun » est découpé en onze morceaux relativement courts. D’une durée de 54 minutes, le long playing en recèle 4 de plus de 5 minutes dont aucun ne va au-delà des 8 minutes. C'est plutôt bien pensé. Et on évite la lassitude inhérente à l’avalanche de notes distordues et conflictuelles. En choisissant Nick Raskulinecz pour la mise en forme, on pense inévitablement à Alice In Chains, Deftones, Queens of The Stone Age et surtout Neurosis. Et la participation de Scott Kelly sur la dernière compo en est la plus belle illustration.
Tout au long de « Once More 'Round the Sun », le climat est particulièrement lourd, un climat déchiré par la voix hurlante de Troy Sanders. Un disque qui s’inscrit dans la lignée du précédent opus, « The Hunter ». Donc qui s’avère plus métallique que progressif, tout en révélant quelques accents psychédéliques. Ce qui ne veut pas dire que leur musique n’a pas évolué. Simplement, le processus est plus subtil. Et nécessite plusieurs écoutes avant d’en saisir toutes les spécificités. Qui finissent même par surprendre. Mastodon ne laisse ainsi pas beaucoup d’alterantives d'appréhension quant à son apparence actuelle : la créature est superbe.
« Tread Lighly » ouvre le bal. « The Motherload » et « Feast Your Eyes » consituent les deux premières perles de l’œuvre. Caractérisés par ses riffs de grattes abrasifs et incisifs, « High Road » est paru en single. Sur le titre maître, la bête est au sommet de son art. La voix est puissante, claire et précise tout au long de « Chimes At Midnight », une piste prog qui libère des envolées tourmentées. « Asleep In The Depp » baigne au sein d’un climat psychédélique. « Aunt Lisa » est une composition accessible et plutôt mélodieuse, parcourue de cordes bien senties. Les trois voix se conjuguent et sont soutenues par une chorale d’enfants. Brent Hinds et Bill Kelliher réservent leurs solos endiablés mais parfaitement maîtrisés à « Ember City ». « Halloween » est mon titre préféré. La voix est superbe. Le son des grattes écrase tout sur son passage. Atteignant près de 8’, « Diamond In The Witch House » clôt le long playing. Une compo élaborée, climatique, prog si vous préférez, dont la fin de parcours tortueuse devrait ravir les mélomanes du style…
Si aujourd’hui, les ténors du métal, tels qu’Iron Maiden ou Metallica cherchent leur second souffle, Mastodon ne les a pas attendus pour prendre un nouvel essor. Le band ne s’est d’ailleurs jamais aussi bien porté et est très susceptible de reprendre le flambeau du genre. Il en possède, en tout cas, toute les aptitudes…

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