Si chroniquer un album est un exercice de style enrichissant, le plus excitant est certainement de découvrir des artistes que personne –ou presque– n’est encore parvenu à dénicher. Discerner une pépite que l'on ne partagera qu'avec nos plus proches connaissances, reste l'un de mes plus grands plaisirs. Ce type de découverte n’est pas fréquent, mais quand le phénomène se produit, on ressent ensuite une envie irrépressible de clamer cette bonne nouvelle sur tous les toits. Il faut avouer que l'histoire de Peter Thisell attire la sympathie et quand on observe les images qui illustrent la pochette de l'album, on ne peut que succomber au charme de ce Suédois.
En 2010, des idées plein la tête, il réunit ses ami(e)s et sa famille pour enregistrer ses morceaux au sein d’une école abandonnée. Après une semaine d’enregistrement, il dispose de toutes les maquettes de son elpee, sobrement intitulé « 1 ». Mais il lui faudra de quatre ans pour qu’il puisse sortir sous sa forme physique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a bien fait d’attendre. Peter Thisell et sa bande nous livrent huit morceaux trempés dans l’americana. Des compos dont les influences oscillent de Bonnie Prince Billy à Wilco, en passant par Neil Young.
Dès « A Town of Windows », la première plage de l’opus, la voix du Scandinave fait chavirer les âmes. Epaulée par de superbes chœurs elle est empreinte d’une grande mélancolie. Omniprésentes, les interventions au violon communiquent d’inévitables frissons. Thisell raconte ses histoires. Sans jamais en remettre une couche, il parvient à accrocher le mélomane. Finalement, il n’en faut pas forcément beaucoup pour faire de la musique avec un grand ‘M’.
Finalement, je vous ai déjà un peu trop livré mes impressions. Une écoute vaut mieux qu’une longue description ; c’est pourquoi je vous laisse le soin de découvrir cet album. Et croyez-moi, il en vaut largement la peine…

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