L’air de rien, depuis son tube « Joe le Taxi », Vanessa Paradis a fait son petit bonhomme de chemin…
Parallèlement à une prodigieuse carrière d'actrice (« Noce blanche », « La Fille sur le pont »), elle est parvenue, tout au long de carrière musicale, à s’entourer de grands noms de la chanson tels que Serge Gainsbourg (« Tandem »), Lenny Kravitz (« Be My Baby ») ou encore -M- (« Bliss »).
Elle a opéré un retour remarqué en 2013, en publiant un double album studio entièrement produit et réalisé par son B.B. (oui, oui, Benjamin Biolay) et sobrement intitulé « Love Songs ». L’écorché vif de la chanson française compose également huit morceaux (sept titres sur l’album, un titre bonus sur l’édition limitée).
Vanessa Paradis ne signe qu’un seul texte, celui de « Doorway ». Tous les autres ont été écrits par une ribambelle d’artistes talentueux : Mathieu Boogaerts, Mikaël Furnon de Mickey 3D, Carl Barât, Adrien Gallo des BB Brunes, Ben Ricour, François Villevieille du groupe Elephant…
Elle va défendre cet elpee en opérant une tournée d’une cinquantaine de concerts à travers l’Europe. Un périple immortalisé sur un double CD réunissant pas moins de trente-neuf titres.
L'un des supports a été enregistré lors d'un concert symphonique aux Nuits de Fourvière. Elle était accompagnée par 43 musiciens de l’Orchestre de Lyon. Le second propose des morceaux plus électriques.
Vous connaissez la forme ! Que penser du fond maintenant ?
L’amour y est dépeint sous toutes ses formes entre ballades mélancoliques et rythmes endiablés. Il ne s’agit pas pour autant de chansons à l’eau de rose entre un homme et une femme, mais plutôt d’une déclinaison oscillant entre amour, amitié et désillusion. Ce qui est dit !
Cet opus est un savant mélange de sonorités teintées d’exaltation et de romantisme. L’instrumentation oscille ainsi entre guitares rock, violons, cuivres, … le tout dans une ambiance intimiste.
Composée par Mickaël Furnon, « L’au delà » est une très jolie ballade. Adorable, même. Elle médite sur le temps. « Chanson des vieux cons » est une compo vraiment troublante ; mais je me suis délecté en écoutant l’étonnante adaptation familiale (Johnny Depp, Vanessa Paradis et leur fille Lily-Rose ) d’un texte de Ruth Ellsworth Carter, « New Year ».
Un disque sur l’amour ? Oui, certes ! Mais pas seulement ! La chanteuse ‘aux dents du bonheur’ prend le pari de se faire plaisir et de nous faire plaisir en revisitant de nombreux titres comme le hit « Joe le taxi » ou encore « Dis-lui toi que je t’aime » tiré d’un album écrit par Serge Gainsbourg et composé par Franck Langolff.
« Marilyn et John », référence à la relation fusionnelle qu’entretenaient Marilyn Monroe et John F. Kennedy, me rappelle combien l’amour est intemporel, fragile et cruel.
Cette femme a gardé ce timbre de voix un peu enfantin qui la caractérise et ce malgré ses 42 balais (elle est née le 22 décembre 1972, à St Maur-des-Fossés, à côté de Paris). Cette fausse légèreté exacerbée par une faiblesse imagée, donne beaucoup de rondeur et de volupté… à cette quintessence de l’amour.
Bref, tout au long de ce « Love Songs », la quadra fait passer un message : la liberté d’aimer se prend, elle ne se demande pas !
Vanessa, c’est sûr, j’irai au Paradis avec toi !

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