Après un long séjour en Amérique du Sud, La Mano nous revient avec un nouvel album studio. Et inévitablement ce périple a laissé des traces dans sa musique. Déjà que le groupe possède des affinités naturelles avec la culture hispanique!... Pour "Casa Babylon", la salsa cubaine et colombienne, la bamba, la samba et autres rythmes latinos sont venus étoffer un potentiel qui comptait déjà le pogo, le tango, le rockabilly, le flamenco, le rap, la java, le rock, le reggae, le ska, le punk, et nous en avons probablement oublié d'autres; tout ceci dans une ambiance de carnaval qu'il est préférable de postposer en période de bloque... Une chose nous a pourtant frappés tout au long de ce disque, le recours plus systématique aux samplings, à la techno et aux procédés dub. Un peu à la manière de BAD et du défunt et mythique Clash à qui ils vouent une grande admiration. Côté textes, pas de mauvaise surprise, puisque tantôt dans la langue de Voltaire, tantôt dans celle de Shakespeare, et plus régulièrement dans celle de Cervantès, Mano Negra prend un malin plaisir à faire la peau de tout de qui est susceptible de corrompre la société; par exemple aux vampires du football à qui ils dédient "Santa Maradona" (‘Berlusconi, Bez et Tapie ont bien compris Paolo Rossi! L'heure est aux choux gras... et aux bourreaux des tibias’), chanson terriblement caustique qui vaut son pesant de pesetas (!). Maintenant, il est bien évident que toutes ces nouvelles compos prendront une autre dimension sur les planches... Mais qu'est-ce qu'ils attendent donc pour revenir chez nous?

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